Vivre (son tour du monde) par procuration

Nos procurations

Si nous partons dans quelques jours à des milliers de kilomètres de la France et en resterons éloignés pendant un an, nous n’oublierons pas pour autant de voter. C’est ainsi que nous venons de signer notre procuration électorale.

Il faut vous avouer quelque chose : nous ne nous considérons pas comme des « citoyens du monde ». Ce terme galvaudé aurait une bonne définition s’il désignait le fait que chaque être humain a sa place dans n’importe quel espace de la planète. Mais il sous-tend généralement une approche beaucoup plus ethnocentrée.

De fait – et jusqu’à ce que l’ONU invente une nationalité mondiale – nous sommes tous les deux Français et totalement impliqués dans la vie publique. C’est même un des traits de caractère qui nous rassemblent le plus. Nous n’avons jamais oublié de voter. Nous avons toujours voté. Et il nous paraissait inconcevable de ne pas voter même à des milliers de kilomètres de chez nous.

« C’est pas du tout la période »

La dernière fois que Pierre a fait une procuration, c’était lors des régionales de 2010. Comme bon nombre de « provinciaux » qui se respectent, il a attendu des années après son arrivée dans la capitale pour s’inscrire sur les listes parisiennes. Ses parents votaient donc toujours pour lui à Lourdes lorsqu’il ne pouvait pas descendre à chaque tour de scrutin.

Matthieu, de son côté, n’a jamais eu besoin de demander une procuration. C’est donc une première pour lui.

Une première aussi pour l’employée du commissariat de police de Chartres qui nous voit débarquer tous les deux, un après-midi pluvieux : « Une procuration ?! Mais c’est pas du tout la période ! Et en plus j’ai pas les documents ! »

On lui explique qu’on part faire le tour du monde pendant un an. Elle passe alors un rapide coup de fil à l’officier supérieur qui lui confirme la marche à suivre.

On doit vraiment être les seuls mecs de France à demander notre procuration électorale plus de 7 mois avant le prochain scrutin annoncé !

Merci les mandants ! 

Renseignements pris, elle nous tend les fameux formulaires à remplir. Nos deux mandants (c’est comme cela que l’on désigne ceux qui vont voter « à notre place ») sont deux amis qui seront sûrs d’être à Paris en mars 2020. En effet, vous ne pouvez établir une procuration qu’à une personne inscrite dans la même commune que vous. Elle n’a pas besoin d’être inscrite dans le même bureau de vote. Si vous habitez Paris, Lyon ou Marseille, elle n’a pas non plus besoin d’être inscrite dans le même arrondissement que vous.

Ça c’est l’aspect légal. Pensez évidemment à demander à quelqu’un de confiance (cela va sans dire) et qui de préférence n’habite pas à l’autre bout de la ville… Le mandant devra se déplacer le jour J jusqu’à votre bureau de vote. S’il doit faire 3 changements de métro, ça peut vite le décourager (même s’il vous aime beaucoup).

L’occasion pour nous de remercier de nouveau Pauline et Benoît, qui auront le bonheur et l’honneur de voter à notre place 😉

Un an moins un jour

Dernière précision : lorsqu’on remplit le formulaire de procuration, on peut valider plusieurs options. Soit on donne l’autorisation de vote « pour le premier tour seulement », soit « pour le second tour seulement », soit « pour les deux tours ».

Nous avons coché la quatrième possibilité : on donne notre procuration électorale pour tous les scrutins (prévus ou non à ce jour) jusqu’au 5 août 2020. Il s’agit de la date la plus éloignée possible : 1 an moins 1 jour après la signature de la procuration. Ainsi, si un référendum ou une dissolution survenait d’ici notre retour, on pourrait également voter.

C’est ainsi qu’on se retrouve debout au-dessus d’une table dans un coin du petit accueil du commissariat de Chartres. Nous signons la dernière partie du formulaire et récupérons le coupon détachable que nous remettrons à nos mandants respectifs. Pauline, Benoît : vous devriez le recevoir par la Poste dans les prochains jours !

Toujours guidés par la fonctionnaire qui nous a reçus, nous confirmons les informations. Elle part ensuite faire signer nos documents à son supérieur. A son retour, elle se rend compte que nous habitons Paris. Deuxième surprise pour elle : que viennent faire deux Parisiens dans un commissariat de Chartres en plein mois d’août ?! « Nous savions qu’il était possible d’établir une procuration dans n’importe quel poste de police. Alors on a profité de nos vacances dans la région pour visiter le commissariat de Chartres ! » 😉

Rapide et efficace : il faut penser à sa procuration avant son tour du monde !

Côté pratique

  • Pour toutes précisions concernant les procurations, vous pouvez faire un rapide passage sur le site service-public.fr
  • Pour les Parisiennes et Parisiens qui lisent ce blog, comptez sur Matthieu pour vous rappeler d’aller voter 😀

2 commentaires sur “Vivre (son tour du monde) par procuration

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