Goa : enfin l’été indien !

Anjuna Beach

Après le blues du Kerala et une courte halte à Mysore, nous arrivons à Goa où nous décidons de nous arrêter quelques jours. Nous comptons sur ses plages et sa douceur de vivre pour recharger nos batteries.

On vous avait laissé à Fort Cochin, en plein coup de mou, après un mois en Inde à la fois surprenant, merveilleux et éprouvant. Cela nous a convaincu de faire une pause de quelques jours où nous n’aurions pour préoccupations que de dormir, siroter des jus de fruits et bronzer.

Après une courte halte à Mysore, nous voici donc à Goa, l’une des rares régions en Inde qui compte de vraies plages de sable fin bordées de cocotiers et où il est possible de se baigner. Pas étonnant qu’elle ait fait du tourisme sa principale source d’activité. Elle est aujourd’hui connue internationalement pour cela. 

Une vache à l'entrée d'un "wine shop" d'Anjuna
Une vache à l’entrée d’un « wine shop » à Anjuna

Deux saisons, deux ambiances

Il y a à ce titre deux Goa. Celle de la saison haute, de mi-octobre à mars, où les étrangers affluent en masse, où l’alcool coule à flot et où les soirées électro se poursuivent jusqu’à l’aube – et même des soirées LGBT. Puis celle de la saison basse, où ciel et terre sont constamment battus par la mousson au point que l’essentiel des activités s’arrête. 

Comme pour le reste de notre périple en Inde, nous débarquons ici à mi-saison. La pluie tire doucement sa révérence, nous gratifiant seulement d’une ou deux grosses averses par jour. Les boutiques commencent tout juste à relever leur rideau de fer. Les barmans s’exercent dans la concoction de cocktails. Un peu partout, des ouvriers s’activent pour réparer les dégâts de trois mois de tempêtes et d’inondations, repeignent les murs, lavent les tables, les chaises et autres transats.

C’est en fait une période rêvée, où la nature est d’une beauté foisonnante, tandis que le soleil et le ciel bleu reprennent leurs droits. Une période qui nous donne l’impression que ce paradis a été réservé pour nous seuls. Cela est particulièrement vrai à Anjuna, un village à taille humaine – ce n’est pas si courant en Inde – lové dans une crique de la mer d’Arabie. Nous y posons nos sacs pour cinq jours.

La plage d’Anjuna

Shakespeare pour langue commune

Notre hôtel a plutôt l’allure d’un campement. Il se compose d’une rangée de bungalows en bois, spacieux mais sommaires – budget oblige. Une paillote commune a été remplie de matelas et de mobilier de récupération. En son centre, une cuisine et un frigo collectifs. Une poignée de routards y a élu domicile : deux Coréennes, trois Indiens, un Canadien, deux Anglais et une Hongroise. 

Ils ne se connaissaient pas une semaine plus tôt. Ils forment à présent une sympathique communauté, avec Shakespeare pour langue commune. La plupart ne savent pas pour combien de temps ils sont ici, ni quelle sera leur prochaine étape. Ils vivent dans l’instant. Puis advienne que pourra. Après tout, à Anjuna, l’amour, l’eau fraîche et quelques bières suffisent à s’épanouir. 

Nous prenons nos marques au Curlies et au Lilliput, deux immenses bars de plage où les serveurs sont ce mois-ci plus nombreux que les clients. Deux quinqua hippies se déhanchent suavement sur la piste de danse, qu’importe que le jour soit au plus haut.

De jeunes Indiens sur une plage de Goa
De jeunes Indiens sur la plage

Les Indiens expérimentent les sports de plage avant que les Occidentaux ne se les accaparent. Ils se baignent en short ou en sous-vêtements. Garçons et filles se tiennent par la main et se serrent l’un contre l’autre. Nous sentons un vent de liberté comme à Pondichéry

On y paye la Kingfisher deux fois plus cher qu’ailleurs en Inde, mais on y est heureux. On discute avec les vendeuses ambulantes qui veulent absolument que l’on achète des bracelets. Pierre fait une halte chez un coiffeur de rue. On mange de la viande – et même un steak de bœuf, notre premier en Inde. On respire, on se repose, on souffle.

Des églises dévorées par la jungle

Mais Goa, c’est aussi un patrimoine extraordinaire, héritage de la colonisation portugaise qui ne s’acheva qu’en 1962 sous la pression de l’armée indienne venue annexer ce territoire qui échappait à son Union. Les églises y sont légion, parfois entretenues, souvent dévorées par la jungle. Ces vieilles pierres doucement étouffées par les lianes ont un cachet fabuleux. 

L'église St Cajetan à Old Goa
L’église St Cajetan à Old Goa

Nous passons une journée entière à arpenter Old Goa, où cathédrale, basiliques et chapelles trois fois centenaires se tutoient. Derrière un porche, on aperçoit l’une des dernières religieuses encore cloîtrées ici. Du haut d’une colline, on scrute les clochers qui se débattent entre la cime des arbres. Ici a prospéré puis s’est éteint un pan de la civilisation occidentale.

À Panaji, petite capitale de l’Etat de Goa, les immeubles modernes ont pris le dessus sur l’Histoire. Mais un quartier, Fontainhas, offre encore aujourd’hui aux yeux des visiteurs de superbes demeures couvertes d’azulejos et aux balcons en fer forgé magnifiquement sculptés. On y entend le son du fado. Les restaurants servent du porto. On surprend même deux personnes âgées discuter dans leur langue natale… le portugais. 

Cinq jours de quiétude dans une région à part de l’Inde, qui nous a donné l’impression de quitter le pays pour mieux y revenir. Ressourcés, nous remettons nos sacs sur le dos. Direction Mumbai, capitale économique gigantesque et exubérante. 

L'église Notre-Dame de l'immaculée Conception à Panaji
L’église Notre-Dame de l’immaculée Conception à Panaji

Nos coups de coeur

Manger. Culinairement, les restaurants de plage d’Anjuna sont un peu décevants. Il suffit toutefois de s’éloigner de quelques mètres pour trouver de bonnes alternatives. On a aimé le Sai Laxmi Da Daba pour sa cuisine fraîche, variée et à prix doux. Et pour les plus routards, on recommande vivement les sandwichs à l’omelette servis sur le stand de street-food à droite du Wonderland Hostel (face à la sortie du Lilliput).
Sai Laxmi Da Daba, Shore bar junction, Goukar Waddo, Anjuna Beach

Visiter. À Old Goa, ne manquez pas l’église Notre-Dame du Mont. Les vingt minutes à pied pour s’y rendre sont vite oubliées quand on découvre le panorama extraordinaire qu’elle offre sur la jungle et les anciens édifices de la ville. Particulièrement magique à la tombée du jour.
Chapel of Our Lady of the Mount, Old Goa

Dévorer. Un bon steak de bœuf en Inde, c’est possible. Nous avons profité de notre étape à Goa pour céder à la tentation. Un met onéreux pour notre budget de routards : 600 roupies par personne – soit 8 euros. Mais ça a fait beaucoup de bien à nos âmes de carnassiers.
Down the Road River Front, Near Old Patto Bridge, 99 rua de Ourém, Panaji

6 commentaires sur “Goa : enfin l’été indien !

  1. Bonjour de Paris toute grise et mouillée..mais belle quand même !

    Merci pour vos cartes postales colorées et vos belles adresses gourmandes et culturelles .

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    McLD

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