Îles Gili : cinq jours pour pleurer l’Inde

Coucher de soleil aux îles Gili

Deuxième étape en Indonésie : les îles Gili, un bout de paradis comme dans un rêve. Nous accostons sur Gili Air, la plus petite et la plus charmante d’entre elles. Pourtant, le moral n’est pas à la joie, quelque chose nous manque… l’intensité de l’Inde.

Pierre a été le premier à craquer. Malade comme un chien à partir de Padangbai, puis en arrivant à Gili. Pendant trois jours, des nuits de quinze heures pour tenter de se reposer. Puis ça a été au tour de Matthieu, un petit rhume qui en devient un gros. HS lui aussi, contraints à une longue sieste en plein après-midi. 

Nous décidons de prolonger notre séjour en bord de plage, incapables de bouger. On prend le temps de bouquiner, de bronzer. Autour de nous, c’est un paradis. Du sable blanc, des cocotiers, une mer calme et le soleil.

L’île est toute petite, on en fait le tour à pied en une heure et demi, de quoi se sentir Robinson Crusoé. Les voitures et les motos sont proscrites, on hèle des calèches. Il y a de charmants restaurants et bars de plage. Notre hôtel est douillet et les gens sont accueillants.

La rue principale de l’île de Gili Air

Quand le malaise s’installe

Et pourtant, le goût est amer. Après les corps qui accusent le coup, c’est un autre coup qui survient. Sur le moral cette fois. On devrait être bien, mais on ressent comme un malaise. On réfléchit sans comprendre, on met un peu de temps avant de mettre les mots. Puis les choses deviennent plus claires : l’intensité de l’Inde nous a laissé un vide. 

On pestait contre elle quand on y était. Elle nous manque maintenant qu’on l’a quittée. Cela nous prend aux tripes. Et au fond de nous on sait qu’on ne la retrouvera pas dans les autres pays de notre tour du monde, cette intensité. Pas comme ça, pas aussi forte, pas aussi bouleversante qu’elle ne le fut en Inde. 

Pour le moment, tout est plus simple en Indonésie. Trop simple. Tout est plus lisse aussi, trop lisse. On en vient même à penser que tout est plus propre, trop propre. On ne l’a pas réalisé en arrivant à Kuta, on vivait cela comme un doux week-end, une échappatoire. Ce n’est que sur la route de Gili que le couperet est tombé. 

Une plage au nord de Gili Air

Un contraste trop brutal

Depuis notre arrivée, Matthieu a fait deux fois le tour de l’île pour tenter de trouver un stand de street-food où manger à la roots entouré d’habitants. C’est peine perdue. Ce genre de rusticité n’existe pas ici. Tout est au contraire fait pour que les visiteurs soient à l’aise, dans le confort, pour qu’ils n’aient rien à penser et se sentent vraiment en vacances. 

C’est d’ailleurs pour cela que nous sommes venus ici : avoir une semaine de vacances. Après deux mois et demi à vadrouiller avec nos sacs à dos, avec son lot de déconvenues et dans des conditions parfois sommaires, on se disait qu’on se devait des vacances. Elles sont comme on les imaginait, idylliques. Mais ça n’en a rendu le décalage horaire que plus fort et plus désagréable. Le contraste est trop brutal avec le rythme que nous avions jusqu’à présent. 

Deux mois et demi en Inde. Nous réalisons soudain que jamais nous n’avions vécu si longtemps dans un autre pays que la France. Ça laisse des traces, ça marque. Malgré les différences, on finit par prendre ses habitudes et établir une forme de routine. Ce qui nous déroutait en arrivant à Delhi est devenu progressivement un repère. Et tout juste avons-nous trouvé cette nouvelle stabilité qu’il faut changer de pays. Recommencer. 

Panneaux indicateurs

Allez, on se reprend !

C’est un peu comme une histoire d’amour qui commence, s’arrête en plein élan et qu’on tente de remplacer tout de suite. On cherche le bonheur dans les bras de sa nouvelle conquête, mais c’est à l’autre qu’on continue de penser. On s’attendrit en se rappelant les défauts qu’elle avait, on se remémore avec nostalgie y compris les mauvais moments. Rien ne semble pouvoir la remplacer. 

Mais nous avons quitté l’Inde et nous n’y retournerons pas. Pas maintenant en tout cas. Il faut donc aller de l’avant. S’arrêter trop longtemps, même sur l’île paradisiaque de Gili Air, ne nous conduirait qu’à ressasser. Or, l’Indonésie a beaucoup à offrir. Nul doute qu’elle peut nous surprendre, nous émouvoir, nous réjouir, peut-être même autant que l’Inde l’a fait avant elle. 

Après cinq jours à Gili à attendre que notre blues s’en aille, il est temps de vraiment explorer ce pays. Nous avons encore deux semaines devant nous pour la parcourir. Prochaine étape : Ubud, présentée comme la « capitale culturelle » de Bali.

Pêcheurs et leur bateau

Nos coups de cœur

Dormir. Matahari Bungalow 3, un hôtel à moins d’une minute à pied de la plage. Les chambres prennent la forme de grandes cases individuelles, très confortables, avec une salle de bain en plein air. À 13 euros la nuit, pourquoi se priver ? 🙂

Manger. Les bons petits restos ne manquent pas sur l’île ! En voici trois où on est certain de très bien manger à prix raisonnable : H&R Resto, Warung Alan Damal et zZz Warung. Ils se situent tous trois sur le « sunset boulevard », entre le centre et le nord de l’île.

8 commentaires sur “Îles Gili : cinq jours pour pleurer l’Inde

  1. Je raconte toujours exactement la même histoire que vous concernant l’Inde… Quand j’y étais, l’effervescence me fatiguait souvent ! J’étais donc plus ou moins contente de partir. Avant de me rendre, un peu plus tard, que c’est justement quelque chose qui me manquait énormément !
    Tellement paradoxal… 😉

  2. Bonjour, je ne vous connais pas personnellement mais prend vraiment plaisir à vous suivre depuis le début de votre périple autour du monde(et bravo pour vos magnifiques récits de voyage, c’est comme si on vivait les scènes à vos côtés), continuez bien en Indonésie(en espérant que vous retrouverez vite la pêche), au plaisir de lire vos prochaines humeurs et prochains coups de coeur…

  3. En même temps, c’est normal de trouver l’Indonésie trop lisse en n’allant que dans des lieux ultra touristiques. Ce pays a tellement mieux à donner que Kuta, les Gilis ou Ubud…

Laissez-nous un commentaire :-)